Anecdotes sur la Vierge Marie
Sainte Marian Kamalen, la Vierge trouvée dans la mer au large de Guam

Sainte Marian Kamalen est une image mariale sculptée dans le bois et l'ivoire, de type Immaculée Conception, vénérée comme la sainte patronne de Guam et des îles Mariannes. Elle est aujourd'hui conservée dans la cathédrale-basilique du Saint-Nom-de-Marie à Hagåtña, placée en hauteur au-dessus du maître-autel et protégée par une vitre ; une réplique accessible est utilisée pour la vénération publique quotidienne. Ce fait historique est attesté, tout comme la mention faite par le pape saint Jean-Paul II de cette dévotion lors de sa visite à Guam en 1981. Cependant, on ignore tout de son créateur et de la date exacte de sa réalisation : les sources la situent généralement au XVIIe siècle ou avant.
Une pieuse tradition, chère à tous, entoure son origine et il convient de la distinguer clairement des faits avérés. Selon la légende, un pêcheur chamorro aperçut l'image flottant dans la mer, dans la baie entre Guam et l'île Cocos. Il tenta de la récupérer avec son filet, mais en vain. Ce n'est que lorsqu'il se changea, honteux de son apparence, qu'il parvint à la sortir de l'eau. La version la plus touchante ajoute que l'image apparut flanquée de deux crabes dorés tenant des bougies allumées, d'où le nom populaire de Notre-Dame des Crabes. Les sources locales elles-mêmes la présentent comme une légende et une dévotion locales, et non comme un fait vérifié : aucun document ou chronique contemporain ne la corrobore, et les dates ne concordent pas. Il s'agit d'une pieuse tradition profondément enracinée, et non d'un fait historique avéré.
Le nom Kamalen provient du mot chamorro signifiant « vestiaire », la petite pièce où est conservée une image : la tradition veut qu'elle ait d'abord été gardée dans une caserne militaire à Merizo avant d'arriver à l'église d'Agaña. Une plaque de métal apposée sur son socle rappelle également qu'elle fut transportée à bord du galion manillais Nuestra Señora del Pilar, qui coula en 1690 près de l'île Cocos, où les marins chantèrent le Salve Regina. Il s'agit là d'un témoignage matériel plausible et d'une mémoire collective, mais sans corroboration documentaire indépendante.
Ce qui demeure une tradition bien ancrée, c'est la grande procession du 8 décembre, jour de la solennité de l'Immaculée Conception, durant laquelle l'image originelle est portée en procession à travers les rues d'Hagåtña sur un char fleuri. L'Église locale enseigne que cette procession accomplit une promesse faite par le peuple après les tremblements de terre de 1825 et 1834, en remerciement de la protection reçue. En 1941, après les bombardements japonais, l'image demeura intacte, ce qui renforça la foi du peuple chamorro en sa Vierge Marie. Les détails de cette promesse relèvent de la tradition locale, mais la fidélité d'un peuple qui la renouvelle chaque année constitue un acte de dévotion profond et émouvant.
Mère de la mer et de la tempête, Marie demeure pour Guam celle qui soutient le bateau et protège l'île. Et de même que ce pêcheur dut revêtir ses plus beaux vêtements pour la recevoir entre ses mains, de même, lorsque nous prenons le Rosaire, nous nous approchons d'elle le cœur empli de foi, afin qu'elle nous conduise, peu à peu, à son Fils.
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